Le lendemain soir, je sortis et marchai, en recherche d'une éventuelle victime.
Je passai devant la tabagie et regardai par la fenêtre, histoire de voir s'il y avait
De nouveaux magasines. Et là, au comptoir, je vis le commis à la caisse. Ce fut immédiatement le coup de foudre pour lui.
Il m'intriguait beaucoup avec son caractère, sa beauté, je me disais qu'il me ferait un bon compagnon. Pendant qu'il travaillait
A la tabagie, je l'observais par la seule fenêtre qu'il y avait, qui donnait une vue sublime
D'une ruelle sale et dégueulasse. Évidemment, tout le monde comprend que je blague quand
Je dis sublime. Tous les soirs suivant, j'allais le voir. Quand il n'était pas en service, c'était
Comme si mon c½ur se déchirait. J'étais horriblement déçu.
Un soir, je décidai d'aller à la tabagie m'acheter quelque chose, dans l'unique but
D'en savoir un peu plus sur ce jeune homme. Je pris un magasine et une boîte de cigares.
_ Ce sera tout ?
_ oui mon cher...
Il semblait un peu craintif, comme s'il savait qui j'étais. J'en aurais ri !
Comme d'habitude, ses cheveux étaient en hérisson, et il était maquillé. Il avait tellement
L'air parfait qu'un aurait dit la perfection. Bien sûr, personne n'est parfait. Même pas moi,
Aussi difficile que l'on peut le croire. Il me sourit. Je crus fondre sur place. Je ne pus
M'empêcher de lui sourire à mon tour et il devint rouge écarlate. C'était tellement mignon
A voir...jamais je n'avais ressenti une émotion si intense envers un mortel auparavant...
_ Quel est votre nom ?
_ Bill Ludvisc...et vous ?
_ Tom.
_ Seulement Tom ?
_ Tout simplement.
Il me dit par la suite le montant de mon achat et je lui tendis mon billet de 20. Il me donna
Le ''change'' et je dus me résoudre à partir. Je me rendis compte qu'il me regardait fixement.
J'étais heureux qu'il m'ait remarqué à ce point là, je jubilais intérieurement.
Une fois sorti du magasin, je regardai de nouveau par la fenêtre crasseuse. Bill semblait
Drôlement s'ennuyer. Il avait surtout l'air pensif, il regardait dans le vide et un léger
Sourire s'affichait sur ses lèvres. Je pus lire dans ses pensées. IL PENSAIT À MOI OMG !
J'explosais de bonheur, j'avais envie de sauter sur place ! Mais, il fallait s'en douter...personne ne peut résister à mon charme ! Non, je ne me vante pas, je suis...
Réaliste.
En regardant plus profondément en son esprit, je sentis une tristesse...incomparable.
Son magnifique sourire cachait un sentiment si sombre que je voulais fuir. Je me sentais
Mal, et lui aussi. Sauf que lui...c'était continuellement. Personne d'autre ne se doutait
De son état d'esprit. Il n'était pas fou ! Non...mais à sa place, je le serais devenu...
Je ne pouvais en savoir plus sur lui. J'eus quand même essayé de le regarder une autre
Fois, mais mon esprit devint embrouillé. L'énergie qu'il dégageait était nuisible à ma
Stabilité psychique, alors je partis le ventre vide, toujours à la recherche d'une autre
Personne à me mettre sous la dent. Ne pouvant cesser de penser à lui, ma faim augmenta.
J'avais envie d'être avec Bill, le goûter...le débarrasser de ce mode cruel auquel dieu
L'avait confié. Je ne cessais de me demander qu'est-ce qui se passait avec lui pour
Qu'il soit si...triste. Je pensai à le tuer, mais finalement je me résignai. J'allais le
Regretter, je le savais.
Quelques instants plus tard, il finit sa soirée de travail et partit dans la rue crasseuse. Il
Se servait de ce raccourci afin de rentrer chez lui...et même avec un raccourci, la route
Jusqu'à sa maison était très longue. Environ trois kilomètres. Je volai discrètement en
Me morfondant dans le noir, pour me retrouver devant lui, à environ dix
Mètres. Lorsque j'atterris, Bill ne me vit même pas. Il fixait le sol en marchant.
J'avais envie d'attirer son attention. J'ai finalement réussi à attirer son attention
Lorsque je tombai en bas du trottoir ! Malgré ma grande agilité de vampire,
Il avait réussi à me distraire et je m'étais renversé le pied. Quel imbécile que je fus !
Bill arriva en courrant et me tendit la main, je la pris et il m'aida à me relever, bien
Que j'aurais pu le faire moi-même. J'étais flatté par sa galanterie.
_ Sa va ?
Son c½ur battait tellement fort que j'aurais pu l'entendre de chez moi. Je ne pouvais cesser
De penser qu'il y avait du sang en lui, je devais absolument penser à autre chose, je pouvais
Devenir incontrôlable...
_ Oui...et toi ? Tu es blanc comme un linge !
_ Tu m'as foutu la frousse, je fixais le trottoir
_ Je vois. C'est bizarre de se croiser dans cette ville, si grande...
_ Ouais. Si je ne te connaissais pas, je t'aurais pris pour un psychopathe !
_ Pourquoi cette méfiance envers les gens, Bill ?
Il me regarda, frigorifié. On pouvait bien voir sur son visage qu'il n'aimait pas parler
De ce genre de choses, et je me demandais bien pourquoi. Ses yeux ronds comme des
Billes me scrutaient involontairement et il ne savait pas du tout comment y répondre.
Il tentait désespérément de trouver un moyen futile afin de changer de sujet, j'avais presque envie de rire.
_ Ce n'est pas une critique, juste une question...
Bill ne répondait pas plus. Si cela aurait été une autre personne qui lui aurait parlé de
Ça, il serait parti à la course. Je lui souris une nouvelle fois, et comme réaction,
Il répondit à mon sourire, puis baissa la tête.
_ À vrai dire, je ne me méfie pas...je suis simplement...prudent.
_ Serait-ce trop demandé de savoir où tu habites ?
_ Et bien...je ne sais pas trop si...
_ Laisse tomber, je ne voulais pas...
_ Nah, sa va...tu veux venir boire un café ? Chez moi ?
Je savais qu'il avait du prendre tout son courage afin de me faire cette proposition et j'en
Étais très flatté. Timide comme il était, il aurait pu aussi ne jamais m'adresser la parole !
_ Bien sûr ! merci.
_ Profitons-en pendant que ma mère n'est pas là. Elle reviendra dans deux heures
alors...on aura pas beaucoup de temps !
_ Ta mère...elle ne veut pas que tu ...
_ Simplement qu'elle n'aime pas que je côtoie des gens. Elle s'inquiète beaucoup pour moi.
Après une heure et quart de marche- qui me parut être comme cinq minutes, Bill
S'arrêta devant un bloc d'appartements et m'entraîna avec lui à l'intérieur. Les couloirs
De l'édifice manquaient énormément de propreté, une forte odeur de bière me montait
Au nez. De l'eau coulait d'un tuyau et des graffitis partout comme décoration.
Charmant ! Il y avait toujours de la musique heavy metal qui régnait dans le bloc.
Comment Bill pouvait Dormir dans ce calvaire ?!? Il ouvrit une porte et me fit
Entrer. Ses yeux d'anges me regardaient avec douceur, mes yeux de démons le
Regardaient avec envie. Je savais bien qu'il m'était très vulnérable, je pouvais
Bien le croquer, mais je me promis deux victimes pour plus tard, comme pour
Me consoler.
_ Entre, Tom.
_ En tout cas...ton appartement est beaucoup plus beau que...ce foutoir que l'on oserait qualifier d'immeuble résidentiel...
_ Merci ^^
C'était beau chez lui, cela faisait tout un contraste avec le couloir délabré à la
Tapisserie qui tombait en lambeaux. Bien que les meubles n'étaient pas de grand
Luxe, la disposition de ceux-ci et la décoration était agréable à regarder. C'était presque aussi
Beau que mon loft. Bill n'avait pas besoin de me faire visiter, je savais déjà comment
Tout était. J'allai m'asseoir dans la cuisine et Bill prépara le café. Ensuite, il mit
De la crème fouettée sur le dessus de chaque tasse avec des morceaux de chocolats
Dessus. Bien sûr, je ne pouvais le boire. Je ne fis que tremper mes lèvres, à l'occasion.
Aucun de nous deux put finir le café en fin de compte ; nous faisions que parler.